05 février 2008

LA GRANDE TUERIE.doc




                     LA GRANDE TUERIE

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             NOVEMBRE 1918– AOÛT 1945


   Le  Monde , rétabli dans une paix nouvelle,
Pansait ses larges plaies. Que sa joie était belle
Au déclin de l’automne ! Heureux, il savourait
Le bonheur enivrant des lendemains de paix.
Maudite était la guerre et sa soif meurtrière !

Un Empire de proie réarmait seul sur terre.
Le Reich, mauvais vaincu, se dressait humilié
Dans l’orgueil des géants et s’offrait  au collier
D’un dictateur haineux qui reprenait les armes.

Les avions vrombissaient sur l’Europe en alarme.
En cadence, longtemps, les bottes martelaient
Le sol des avenues et les blindés roulaient.
Sur les grands boulevards, dans le grinçant tapage
Des chenilles froissées par des moteurs en rage.


                                       

     -    Puis, un matin d’été, le dur canon tonna ;
La Pologne, vaincue, partagée, résonna
De son glas. Le feu prît . Une grande mêlée
Ceignit dans ses anneaux la Terre ensanglantée.

Pendant plus de six ans, l’Europe des Nations
Vécut le cauchemar. Partout des explosions.
Avec de grands fracas, parmi d’énormes trombes
De terre et de débris, des cascades de bombes

Croulaient du fond des cieux  sur les vastes cités.
Les morts et les blessés gisaient comme hébétés
Les prisonniers étaient parqués tel du bétail.
Les Juifs étaient raflés sans faire de détail,
La « solution finale » allait être appliquée.







Cependant les Nazis avaient annihilé
Les peuples de l’Europe et conquis en Russie
D’immenses champs de blé. Seule en ses faibles îles,
Abritée  par la Manche et ses flots difficiles,
Tel un rocher guetté par la marée montante,
Albion avait fait front aux hordes hésitantes.

Lorsque, des U.S.A., des armées aguerries
Partirent au combat, son archipel servit
De relais à l’assaut. De ce tremplin étanche,
D’Afrique et de Russie s’élança la Revanche.

La Méditerranée s’ourla de longs remous
Et l’Europe asservie tressaillit sous son joug.
Une pluie de vaisseaux  s’abattit sur les côtes
Couvertes de fortins, pendant la marée haute,
  Des nuées de soldats,l’avalanche s’enfla,
Recouvrit l’Italie et Rome succomba.


L’Océan à son tour s’éclaira avant l’aube
Du feu de cent croiseurs. En gigantesques robes,
L’incendie en hurlant projetait sur la mer
Ses panaches brûlants. Un ouragan de fer,
En zébrant tout le ciel, martelait les rivages

Là, sous ce jet d’obus, par milliers, à la nage,
Mêlés aux tanks d’acier, les fantassins alliés
Abordèrent en France et, groupés en armées,
Emergeaient du néant, animées par la rage.

Fortes de leur courage que l’échec aiguisait,
Elles allaient lancer une course effrénée.
L’ennemi dérouté, décimé, tronçonné,
Reculait sous les coups. Paris fut délivré
Et l’angélus tinta sur la  France enivrée.

Affaiblis et vaincus, les Allemands fuyaient.
Mornes, déguenillés, sans cesse ils reculaient.
Tanks et camions, canons, détruits, jonchaient les routes.
Leurs Panzers en Russie  s’en allaient en déroute.
Leurs généraux  à l’Ouest s’éloignaient jusqu’au Rhin.




L’Allemagne envahie s’écrasait dans les trains.
Ses villes dévastées fumaient sous leurs décombres.
Berlin ! Berlin lui-même, vaste cité des ombres,
N’était plus qu’un amas de ruines désolées
Et le feu noircissait ses maisons écroulées.   

Enfin, un clair matin, les Junkers et leur suite
Vinrent rendre leur Reich, la rage dans le cœur.
Un flux de joie géant s’empara des vainqueurs.
Les sirènes mugirent sur les Nations en liesse.

Les foules déchaînées dans toute leur ivresse
Lancèrent vers les cieux  une immense clameur,
Car la guerre était morte, et ses deuils et ses pleurs.
Vainqueurs comme vaincus voulaient la paix civile
Pour désarmer, bâtir et unir dans l’utile.

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Les années ont coulé sur ce sanglant passé ;
Reste le souvenir qui n’est pas effacé.
Écrasé sous Berlin, Hitler le démiurge
Incarne le fléau. L’humanité s ‘insurge.
La Victoire en tous lieux claironne sur le monde
Le bonheur des jours neufs après la nuit immonde.
Plus de « Guerre Mondiale » et la Paix Atomique.
Mais la violence est là, aveugle ou fanatique.

Les peuples de l'Europe enfin réconciliés
Par la grande tuerie qui les a nivelés
Veulent redevenir les moteurs de l'union
Mais qui pourra demain guider l'évolution ?
Et  partout imposer de l'amour le message?
Quelle idéologie deviendra la plus sage?


                        

L’avenir seul dira si la Paix peut durer
Et la fraternité finir par s’imposer



















                  

































Posté par seva45 à 01:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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